Foucault’s Inaugural lecture at the Collège de France, L’ordre du discours – comparison of the two different versions

L'ordre du discours

Foucault’s Inaugural lecture at the Collège de France was delivered on 2 December 1970, one week before the beginning of his first course, published as Leçons sur la volonté de savoir and translated as Lectures on the Will to Know.

The inaugural lecture was published in French by Gallimard as a short book in 1971, L’ordre du discours: Leçon inaugurale au Collège de France prononcée le 2 décembre 1970. It has been translated into English twice, as a journal article which was reprinted as an appendix to some editions of The Archaeology of Knowledge, and in Robert Young (ed.), Untying the Text: A Poststructuralist Reader (open access here). A third translation is forthcoming.

In the Gallimard book, Foucault notes, “due to limitations of time, certain passages were shortened or changed in the lecture. They are restored here” (p. 6). An earlier version of the text, essentially what Foucault said on the evening of 2 December 1970, was published by the Collège de France itself in 1971. It did not have the title L’ordre du discours, but simply Leçon inaugurale faite le Mercredi 2 Décembre 1970.

The lecture appears in the recent Pléiade edition of Foucault’s Œuvres, but the two different versions are only indicated briefly. Daniel Defert, who edited this text for the Œuvres, says that “On trouve d’infimes variants entre les deux éditions; nous suivons la seconde” (Vol II, p. 1459). Defert gives a couple of examples of these “tiny variations” in a note to that page, but does not list the variants in detail. The text as printed is indeed that of the Gallimard edition.

However, the earlier Collège de France version has hundreds of differences from the Gallimard text. These range from very minor punctuation changes, through substitution of words and phrases, through to the much more significant – paragraphs or sections being replaced or added.

The analysis that follows builds on that done by ‘Ambulo Ergosum’ – someone who attended Foucault’s lectures at this time, but who wishes to remain anonymous.

I have not indicated minor punctuation changes – deletion or insertion of commas; replacement of commas or parentheses by semicolons or dashes, etc., including a few instances where sentences are broken in half or combined by these changes. Nor have I indicated the few places where roman type is changed to italic or vice versa. All these would obviously need to be done for a full critical edition of the text. But all the more substantive changes are noted here.

There are some quite long passages which appear in the revised text but not the original. While these additions are indicated, they are not all reproduced here: some are several pages long.  But anything which appears in the original but not the revision is quoted in full. This enables anyone with access to the widely-available L’ordre du discours to see what was in the original, hard-to-find version.

The original text is divided into three numbered sections and a brief untitled introduction – Introduction 5-7; I 7-25; II 25-32; III 32-37. The first section has breaks on 14 and 22. L’ordre du discours does not have numbered sections, but breaks on 10, 23, 38, 47, 53, 62, 72.

For each change, I have first indicated the page in Leçon inaugurale…and then the page in L’ordre du discours.

// signifies a paragraph break in the text. … indicates that the texts continue without differences, but […] marks a significant passage included in the Gallimard edition which does not appear in the Collège de France version.

Corrections welcome.

5: Dans ce discours 7: Dans le discours

5: de parler mon propre discours, une voix 7: de parler une voix

5: la voix qui commençait à parler ainsi 8: une voix qui parlerait ainsi

6: A ce désir 8: A ce vœu

6: et qu’elle leur propose 9: et qu’elle leur impose

6: à me tirer moi-même 9: à entrer moi-même

6: que l’usage, depuis si longtemps a rendus lisses. 10: dont l’usage depuis si longtemps a réduit les aspérités.

7: pour rôle d’en conserver 11: pour rôle d’en conjurer

7: ne peut pas parler de tout 11: ne peut pas parler de n’importe quoi

7: formant 11: forment

8: pas entendue, ou bien, si elle l’était 13: pas entendue, ou si elle l’était

8: Si bien que de toute façon 13 De toute façon

9: dans ce que nous disons nous-mêmes 14: dans ce que nous articulons nous-mêmes

9: médecin, psychanalyste, qu’importe 14: médecin, psychanalyste

10: en sa forme 16: dans sa forme

10: Car pour les Grecs 16: Car, chez les poètes grecs

10: pour lequel on suit respect 17: pour lequel on avait respect

12: vérifiables et utiles (la navigation, l’exploitation des mines, la pharmacopée). 19: vérifiables et utiles.

12: qui n’est point 19: qui n’est pas

12: des sujets connaissant 19: du sujet connaissant

12-13: Mais elle est reconduite aussi, plus profondément sans doute par la manière dont le savoir se distribue, fonctionne, est mis en œuvre dans la société. Pour définir – non pas bien sûr ce qui est vrai – mais ce qu’on veut savoir et comment on veut le savoir, il faut sans doute se demander où et comment le, dans une société, savoir se trouve localisé. Je songe à une anecdote qui est si belle qu’on tremble qu’elle soit vraie. Au début du XVIIsiècle, le Shogun avait entendu dire que la supériorité des Européens, en fait de navigation, de commerce, d’industrie et de guerre, était due à leur connaissance des mathématiques. Il désira s’emparer d’un savoir si précieux. Il retint dans son palais de Kyoto un marin anglais Will Adams. Il se fit donner en secret des leçons. Il sut les mathématiques ; en effet, il garda le pouvoir, vécut très vieux et mourut. Et c’est au XIXsiècle qu’il y eut des mathématiciens japonais. 19-20: Mais elle est reconduite aussi, plus profondément sans doute par la manière dont le savoir est mis en œuvre dans une société, dont il est valorise, distribué, […] les proportions dans l’inégalité. (Part of the passage about Will Adams is revised in L’ordre du discours 39-40.)

13: je parle surtout de notre société 20: je parle toujours de notre société

13: sur la science 20: sur la science aussi

13: Je pense aussi 20: Je pense également

13: XVIIsiècle 20: XVIsiècle

13: je pense aussi 20: je pense encore

13: On en voit bien la raison: c’est que vers lui 21: C’est que vers lui

15: ou bien des formules 24: des formules

15 qui les répètent, les transformant 24: qui les reprennent, les transformant

15: ce sont essentiellement les textes 24: ce sont les textes

15: Je sais bien que ce décalage 24: Il est certain que ce décalage

15-16: Que bien des textes majeurs se brouillent et disparaissent, tandis que des commentaires, parfois viennent prendre la place. Mais aussi mobile qu’elle soit, la fonction demeure… 24-25: Il n’y a pas, d’un côté, la catégorie donnée une fois pour toutes, des discours fondamentaux ou créateurs; et puis, de l’autre, la masse de ceux qui répètent, glosent et commentent. Bien des textes majeurs se brouillant et disparaissent, et des commentaires parfois viennent prendre la place première. Mais ses points d’application ont beau changer, la fonction demeure…

16: D’effacement radical au fond, je n’en connais d’exemple pur que ce malade de Janet qui se tenait en quelque sorte au-dessus de la dénivellation et percevait toute phrase comme texte à indéfiniment retenir, recommencer et commenter: « Quand je songe », disait-il, dès qu’il lisait, écoutait ou parlait lui-même, « quand je songe à cette phrase qui va encore s’en aller dans l’éternité, et que je n’ai peut-être pas tout à fait comprise. » // Je sais bien aussi que cette dénivellation, même à une époque et dans une société donnée, n’est pas uniforme et ne joue pas partout de la même façon ; je sais bien qu’elle ne provoque qu’un discours secondaire: il y a longtemps – si jamais ce fut le cas – que l’exégèse juridique ne joue plus comme l’exégèse religieuse ; quant au texte littéraire, il peut provoquer des répétitions bien différentes. L’Odyssée après tout vaut comme texte premier par rapport à une explication de texte, mais par rapport aussi à l’Ulysse de Joyce. 25-26 L’effacement radical au fond […] dans l’Ulysse de Joyce.

16: Je voudrais simplement à indiquer que 26: Pour l’instant je voudrais simplement à indiquer que

16: les techniques qu’il emploie, que de dire 27: les techniques mises en œuvre, que de dire

17: en lui faisant sa part: il permettra de dire autre chose que le texte même, aussi à condition que 27: en lui faisant la part: il permet bien de dire autre chose que le texte même, mais à condition que

17: l’aléa est ainsi reportée par le principe 28: l’aléa sont transférés, par le principe

17: le nombre, la somme, la circonstance de la répétition. 28: le nombre, la forme, le masque, la circonstance de la répétition. Le nouveau n’est pas dans ce qui et dit, mais dans l’événement de son retour.

17: groupement des discours 28: groupement du discours

17: l’ordre du discours scientifique indispensable l’attribution 29: l’ordre du discours scientifique, l’attribution

18: à une effet, à une expérience 29: à une effet, à une exemple

18: tous ces discours ou nouvelles 29: tous ces drames ou comédies

18: on lui demande de les articuler, par sa vie personnelle et par ces expériences vécues, sur l’histoire réelle qui les a vu naître. L’auteur est ce qui donne à l’inquiétant langage de ses fictions une unité, un nœud de cohérence, une insertion dans le réel. 29-30: on lui demande de les articuler, sur sa vie personnelle et sur ses expériences vécues, sur l’histoire réelle qui les a vus naître. L’auteur est ce qui donne à l’inquiétant langage de la fiction, ses unités, ses nœuds de cohérence, son insertion dans le réel.

19: qu’il laissera tomber comme propos quotidien 31: qu’il laisse va tomber comme propos quotidiens

19: par le peu d’une identité 31: par le jeu d’une identité

19: tout ceci constitue 32: et tout ceci constitue

20: qui a pu en être l’inventeur 32: qui s’est trouvé en être l’inventeur

20: qui doit être répétée ; ce qui est admis au départ, c’est ce qui… 32: qui doit être répétée ; c’est ce qui…

20: ce n’est que la somme 32: ce n’est pas la somme

20: ce n’est même l’ensemble de tout ce qui peut être accepté en vertu d’un principe de cohérence ou de non-contradiction à propos d’un thème donné. La médecine, ce n’est pas le total de tout ce qui peut croire de vrai sur la maladie ; 33: ce n’est même pas l’ensemble de tout ce qui peut être, à propos d’une même donnée, accepté en vertu d’un principe de cohérence ou de systématicité. La médecine n’est pas constituée de total de ce qu’on peut dire de vrai sur la maladie ;

20: d’abord parce que la botanique, la médecine sont faites d’erreurs comme de vérités et ceci non seulement dans le passé, mais dans le présent, erreurs qui ne sont pas des résidus ou des corps étrangers, car elles ont des fonctions positives, un rôle qui souvent n’est pas dissociable de celui des vérités. 33: d’abord parce que la botanique ou la médecine, comme toute autre discipline, sont faites d’erreurs comme de vérités, erreurs qui ne sont pas des résidus ou des corps étrangers, mais qui ont des fonctions positives, un efficace historique, un rôle souvent indissociable de celui des vérités.

20-21: Mais l’autre raison, c’est que, pour qu’une proposition appartienne à la botanique ou à l’anatomie pathologique, il faut qu’elle s’adresse à un plan d’objets soigneusement filtrés et découpés ; il faut qu’elle utilise des instruments conceptuels ou des techniques définies selon un certain type ; il faut qu’elle s’appuie sur ou qu’elle fasse partie d’une élaboration théorique correspondant à une certaine norme. Pour qu’une proposition appartienne au discours de la botanique, de la physiologie, etc., il ne suffit pas bien sûr qu’elle concerne les plantes (et ce n’est même pas nécessaire) ; il ne suffit pas et il n’est même pas nécessaire qu’elle énonce une vérité à propos des plantes. Il faut qu’elle se réfère à un plan d’objets, qu’elle mette en jeu des types de concepts et qu’elle se découpe sur un horizon théorique déterminé. Alors il est souhaitable qu’elle soit vraie ; mais elle est comme dirait M. Canguilhem, dans le vrai ; et fût-elle fausse, c’est essentiel pour son appartenance à la discipline. 33-36: Mais en outre pour qu’une proposition appartienne à la botanique ou à l’anatomie pathologie, il faut qu’elle réponde à des conditions, en un sens plus strictes et plus complexes que la pure et simple vérité: en tout cas, à des conditions autres. Elle doit s’adresser à un plan d’objets déterminé: à partir de la fin du XVIIesiècle, par exemple, pour qu’une proposition, soit « botanique » il a fallu qu’elle concerne la structure visible de la plante […] avant de pouvoir être dite vraie ou fausse, elle doit être, comme dirait M. Canguilhem, « dans le vrai ».

21: Mais c’est précisément que Mendel parlait d’objets, mettait en œuvre des méthodes, se plaçait sur un horizon théorique qui tous étaient étrangers à la biologique de son époque et qui, de fait, étaient à peine esquissés dans son propre texte. Mendel disait vrai, mais il n’était pas dans le vrai du discours biologique de son époque. Il se peut toujours qu’on dise le vrai au gré d’un hasard sauvage ; mais on n’est dans le vrai qu’en obéissant aux règles d’une « police » discursive qu’on réactive en chacun de ses discours. 36-37: Mais c’est que Mendel parlait d’objets, mettait en œuvre des méthodes, se plaçait sur un horizon théorique, qui étaient étrangers à la biologique de son époque. Sans doute Naudin […] ne formulait qu’une erreur disciplinée. // Il se peut toujours qu’on dise le vrai dans l’espace d’une extériorité sauvage ; mais on n’est dans le vrai qu’en obéissant aux règles d’une « police » discursive qu’on doit réactiver en chacun de ses discours.

22: inserted section in L’ordre du discours, 38-47 Il existe, je crois […] d’assujettissements du discours ? (These pages are entirely missing from the original, except that a short passage from 39-40 “J’aimerais, sur ce thème… des mathématiciens japonais” appears in the original in different form, see Leçon inaugurale, 12-13 and analysis above.)

22: un certain nombre de thèmes dans la philosophie 47 un certain nombre de thèmes de la philosophie

22: au seul pouvoir de la pensée 48: au seul pouvoir de la penser.

22: comme un certain rapport entre penser 48: comme un certain apport entre penser

22: la pensée philosophique, ellea pris bien des formes 48: la pensée philosophique a pris bien des formes

22: de plusieurs thèmes qui nous sont maintenant familiers. 49: de plusieurs thèmes qui nous sont familiers.

22-23: il me semble que le thème du sujet fondateur permet d’élider la réalité du discours. C’est que le sujet fondateur en effet… 49: Il se pourrait que le thème du sujet fondateur permette d’élider la réalité du discours. Le sujet fondateur, en effet, …

23: c’est lui aussi qui, traversant 49: c’est lui qui, traversant

23: le manipuler de peser sur l’instance 49: les manifester de passer par l’instance

23:  Ce thèmesuppose qu’au ras de 49: Il suppose qu’au ras de

23: de lui, en lui, de le signer et de le 50: de lui, en lui, de le désigner et de le

23: langage, en son plus primitif projet 50: langage, dès son plus rudimentaire projet

24: Mais ce logos, à vrai dire 50: Mais ce logos, à dire vrai

24: naître de ces propres yeux 51: naître à ses propres yeux

24: sous cette apparente passion du discours 52: sous cette apparente vénération du discours

25: les jeux de la pensée et du signe. 52: les jeux de la pensée et de la langage.

25: une profonde logophobie, comme une sorte 52: une profonde logophobie, une sorte

25: désirable aussi et de périlleux 53: de désordre aussi et de périlleux

25: trois décisions (à quoi notre pensée, aujourd’hui encore, résiste un peu) qui correspondent 53: trois décisions auxquelles notre pensée, aujourd’hui, résiste un peu et qui correspondent

25: Tels sont les tâches ou les thèmes (quelques-uns des thèmes) 53: Telles sont les tâches ou, plutôt, quelques-uns des thèmes

26: missing paragraph54 Mais, une fois repérés…principes de méthode.

26: Un principe de discontinuité ensuite: 54: Un principe de discontinuité:

26: aller vers les conditions 55: aller vers ses conditions

26-27: principes régulateurs à l’analyse 56: principe régulateur à l’analyse

27: J’ajouterai seulement deux remarques. L’une concerne la philosophie, du moins les questions théoriques qui se trouvent ainsi comme posées au loin. A partir, en effet, du moment où on introduit, pour l’analyse des discours, les quatre notions dont je viens de parler, de difficiles problèmes se posent non seulement pour la méthode mais pour la théorie elle-même: problème du caractère aléatoire des événements discursifs ; problème de la singularité de ces pratiques discursives qui se croisent, se recoupent, mais ne sauraient s’enchaîner ni s’unifier ; problème du rapport entre ces pratiques et tout le champ matériel qui leur sert de condition de possibilité. 56-61 J’ajouterai seulement deux remarques. L’une concerne l’histoire. On met souvent […] les rapports du hasard et de la pensée.

27: De sorte que le mince décalage que je propose 61: De sorte que le mince décalage qu’on se propose

27: mais des discours eux-mêmes comme pratiques rendant compte de la formation des idées- ce mince décalage,61: mais des discours comme des séries régulières et distinctes d’événements, ce mince décalage,

27: comme une petite (et odieuse) machinerie qui permet d’introduire à la place même de la pensée 61: comme une petite (et odieuse peut-être) machinerie qui permet d’introduire à la racine même de la pensée

28: … d’une nécessité idéale.//L’autre remarque concerne l’histoire: il me semble que c’est seulement par une telle inversion des thèmes et des méthodes que l’histoire des systèmes de pensée pourra s’articuler sur les analyses que font les historiens eux-mêmes: je parle des historiens d’aujourd’hui, de ceux qui cherchent à analyser selon des étagements de durée plus ou moins longue la régularité d’une série d’événements et les conditions selon lesquelles ces séries se forment et viennent à varier.// L’histoire des systèmes de pensée doit donc, et c’est le sens de ces deux remarques, l’affranchir théoriquement de l’histoire et méthodologiquement de la suprématie des méthodes interprétatives ou linguistiques. Celles-ci ne peuvent être tout au plus que subordonnées aux exigences d’une méthode historique qui les prend pour instrument. 61-62: … d’une nécessité idéale. Trois notions qui devraient permettre de lier à la pratique des historiens l’histoire des systèmes de pensée. Trois directions que devra suivre le travail de l’élaboration théorique.

28: En suivant ces principes, les analyses que je voudrais faire se disposent selon deux ensembles qui se recouvrent en plus d’un pointD’une part « l’ensemble critique ». De l’autre « l’ensemble généalogique ». 62-63: En suivant ces principes, les analyses que je voudrais faire se disposent selon deux ensembles, qui se recouvrent en plus d’un point. D’une part l’ensemble « critique » qui met en œuvre […] dans quelle mesure ils ont été tournés. De l’autre l’ensemble « généalogique » qui met en œuvre […] de croissance, de variation

28: L’ensemble critique. Il s’agit là de repérer ces formes d’exclusion et de limitation dont je parlais tout à l’heure: montrer comment ils se sont formés pour répondre à quels besoins, comment ils se sont modifiés ou déplacés.// Il faudrait d’abord étudier les fonctions d’exclusion. On a essayé de le faire pour le partage folie-raison. Je voudrais analyser dans l’avenir un système d’interdit: celui qui porte sur le langage de la sexualité – sans doute beaucoup moins réprimé qu’on ne le suppose par la culture chrétienne (il suffit de songer à ce qui était demandé et avoué dans la pratique de la confession) et beaucoup moins accepté qu’on ne l’imagine pour la pensée scientifique. Cette année c’est à la troisième grande fonction d’exclusion que je voudrai m’attacher. A la volonté de vérité.// Je choisirai trois moments: la lutte platonicienne contre la sophistique et la condamnation par la philosophie du discours rusé, habile, efficace, trompeur, du discours qui séduit le désir et subvertit le pouvoir.// La formation au tournant du XVIIesiècle, et en Angleterre d’une philosophie naturelle: science du regard, de l’observation et du constat liée à la fois à des problèmes techniques, à une idéologie religieuse, à un projet et une révolution politique, à une mutation sociale.// Enfin le troisième moment au XIXesiècle, avec les grands actes fondateurs … 63-64: L’ensemble critique d’abord. Un premier groupe d’analyses […] nouvelle forme à coup sûr de la volonté de savoir. Enfin le troisième point de repère sera le début du XIXesiècle, avec les grands actes fondateurs…

29:Le séminaire reprendra la même question sous un angle autre: étudier l’effet d’un discours qui prétend être vrai – (discours médical, psychiatrique, sociologique sur cet ensemble de pratiques et de discours prescriptifs que constitue le système pénal. Les expertises psychiatriques en matière criminelle serviront de point de départ. 65: J’aimerais reprendre la même question, mais sous un angle tout autre: mesurer l’effet d’un discours à prétention scientifique –discours médical, psychiatrique, discours sociologique aussi – sur cet ensemble de pratiques et de discours prescriptifs que constitue le système pénal. C’est l’étude des expertises psychiatriques et de leur rôle dans la pénalité qui servira de point de départ et de matériel de base à cette analyse.

29: Plus tard, je voudrais envisager le second groupe des contrôles discursifs: celui qui assure les fonctions de limitation. Considérer par exemple le principe de l’auteur et du commentaire, tel qu’il a joué dans le discours médical avant le XIXsiècle – et peut-être un peu au-delà.// Étudier aussi la manière… 65-66 C’est encore dans cette perspective […] sur l’anatomie et la biologie.// On pourrait aussi envisager la manière…

30: de l’hagiographie, de la biographie des héros ou des personnages historiques, de l’autobiographie et des mémoires. On pourra, il faudra aussi étudier comment un auteur comme Freud peut jouer à la limite – à la fondation et à l’intérieur du savoir psychanalytique. 67: de l’hagiographie, des « vies » historiques ou légendaires, de l’autobiographie et des mémoires. Il faudra bien aussi, un jour, étudier le rôle que joue Freud dans le savoir psychanalytique, […] Kant à l’origine d’une autre manière de philosopher).

30: des procédures de contrôle discursif. 67: des instances du contrôle discursif.

30: … d’autre de la délimitation. En d’autres termes, la critique étudie ce qu’on pourrait appeler les figures contrôlées du discours ou plutôt la manière dont le contrôle fonctionne ; et la généalogie étudie la formation effective du discours en deçà ou au-delà des figures contrôlées: il s’agit alors de saisir la loi de ces énoncés multiples, dispersés, parfois séparés les uns des autres par le jeu des exclusions et des limites, mais qui obéissent aux mêmes règles de formation.67-70: … d’autre de la délimitation. La critique analyse les processus […] écartant tels ou tels de leurs énoncés.

30: J’aurais voulu étudier la manière dont s’était formée la série des discours sur l’hérédité, répartis à travers des disciplines, des observations, des recettes et techniques bien diverses et la manière dont ces discours s’étaient en fin de compte distribués dans la figure, épistémologiquement cohérente et reconnue par l’institution, de la génétique. Mais le travail qui vient d’être fait par François Jacob avec un éclat et une science qu’on ne saurait égaler. 70: On peut aussi penser à une étude qui porterait sur les discours concernant l’hérédité, tels qu’on peut les trouver, répartis et dispersés jusqu’au début du XXeà travers des disciplines, des observations, des techniques et des recettes diverses ; il s’agirait alors de montrer par quel jeu d’articulation ces séries se sont en fin de compte recomposées dans la figure, épistémologiquement cohérente et reconnue par l’institution, de la génétique. C’est ce travail qui vient d’être fait par François Jacob avec un éclat et une science qu’on ne saurait égaler.

30-31: Nous essayerons, dans un travail de groupe, d’étudier la série des discours qui au XVIeet au XVIIesiècles concernent la richesse et la pauvreté, la monnaie, le commerce et la production: il s’agirait de voir à partir de quelles conditions et selon quelles règles s’est produit toute une série d’énoncés formulés par les riches et les pauvres, les savants et les ignorants, les officiers royaux, les commerçants ou les moralistes. Il est clair que cette série est loin de coïncider avec la figure délimitée et institutionnelle qui s’appellera plus tard économie politique. Mais il faudra étudier comment cette discipline a essayé de reprendre ou de refouler, de justifier ou d’exclure toutes les séries effectives à partir desquelles elle s’est formée.//La part critique de l’analyse… 71: Ainsi doivent alterner, prendre appui les unes sur les autres et se compléter les descriptions généalogiques. La part critique de l’analyse…

31: l’analyse des discours ainsi 72: l’analyse du discours ainsi…

31:l’universalité d’un sens ni la souveraineté du signifiant: elle met au jour 72: l’universalité d’un sens, elle met au jour…

32: des lacunes de vocabulaire, que les aphasiques de la théorie disent 72: des lacunes de vocabulaire disent

33: sous le signe de Hegel 74: sous le règne de Hegel

33: et que Hegel lui-même fût bien 75: et que Hegel lui-même est bien

33: est qu’il arrivait aux Allemands 75: est qu’il est arrivé aux Allemands

34: la philosophie ressorte vainqueur 76: la philosophie sorte vainqueur

34: de là tout un renversement de thèmes 77: de là aussi toute une inversion de thèmes

35: l’extrême singularité de l’expérience 77: l’extrême irrégularité de l’expérience

35: pour elle pourtant et révélant le sens 78: par elle pourtant et révélant le sens

35: arbitraire et absolue ? Mais quel est alors le droit de la philosophie ? On voit ainsi… 78: arbitraire et absolue? On voit ainsi…

36: en la laissant sans doute passer 79: en la faisant sans doute passer

36: Marx avec la question de 79: Marx avec les questions de

36: en quelques livres majeurs 80: dans quelques livres majeurs

37: C’est parce que je lui dois le sens sans doute de ce que je fais 80: C’est parce que je lui ai emprunté sans doute le sens et la possibilité de ce que je fais

37: Je sais maintenant 81: Je sais bien maintenant

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